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Les semaines et les jours s’égrainent
Depuis que tu m’as dis sans haine
Que notre soleil devait plonger
Dans l’océan pour l’éternité
Je fuis depuis, ton esprit, ton corps
Qui se sont emparés de mon sort
Sans jamais me livrer à la mort
Car je sais bien que j’ai tort
Mais la vie finira par me livrer
Ses trésors comme ses secrets
Pour que je puisse me délivrer
De ses jardins qui m’ont enivré
Il n’est point de beauté dont je me souvienne
Qui m’est tant troublé autant que la sienne
Si ce n’est son regard qui m’a bouleversé
C’est donc son esprit qui m’a renversé
La lumière qui émanait de son corps
Avait du me jeter un très bon sort
Pour que mes rêves si doux si fous
Respectent ses désirs les plus flous.
Jamais, Oh non jamais !je n’aurais imaginé
Qu’un beau jour, cette si belle matinée,
J’aurais son regard autant bouleversé
Au point que mes larmes soient versées
Mais voilà, ça y est, elle s’est envolée
Elle est partie, elle ne m’a rien volé
Juste le souvenir d’un plaisir inavoué
Un plaisir qui ne m'était pas voué
Ce beau bateau s’éloigne lentement du port,
M’abandonnant à son tour à mon triste sort.
L’ivresse de ces voyages qui m’a habité
S’enfuit. Comment survivre sans félicité ?
Mon âme ère, mime et ment, même à la mort
Se saoule sans se soucier de mon pauvre corps
Pour tenter d’oublier ces lieux enchantés
Où les oiseaux chantent, clament leur liberté
Savent-ils juste comme leur chant me manquera
Savent ils juste où leur chant ira m’enchanter
Savent-ils juste que leur beauté m’a troublé
Mais l’espoir n’est vain que si la mort a gagné
Que si le chant sur le monde a fini de régner
Que si les étoiles s'arrêtent de briller
Quand elle s’approche de moi avec ses yeux doux
Je sens mon âme abandonner son courroux.
Jusqu’à en perdre le souffle de ma raison
Jusqu’à en perdre le goût de ce doux poison.
Car de la beauté, elle en a la volupté.
Quand sa voix magique semble me dire tout bas
Que ses grâces pourraient bien m’être destinées
Je sens que mon coeur abandonne son trépas
Mélancolique pour un rêve inespéré.
Car de la beauté, elle en a la volupté.
Son corps généreux m’entoure et je lui supplie
De toujours garder le souvenir dans sa vie
De ces larmes versées pour avoir trop aimé
Pour avoir ce coeur et ce corps trop admiré.
Car de la beauté, elle en a la volupté.
Et le jour de mon jugement je veux garder
L’image de cette âme que j’ai sublimée
Au point d’en oublier qu’aussi, j’étais aimé
Au point d’en oublier qu’aussi, j’étais aimé.
Car de la beauté, elle en a la volupté.
Vos mots